LA TURQUIE

À LA DÉCOUVERTE DE L'ORIENT

À la veille de notre passage en Turquie, le contexte est tendu : entre attentats, accrochages diplomatiques, tremblement de terre et aggravation de la situation sanitaire, tout semble vouloir nous empêcher de découvrir ce pays tant rêvé.

C’est donc avec excitation et malgré le contre-avis-général que nous prenons la décision de prendre la route de l’Orient.

Heureusement, le passage de frontière se déroule sans accroc : nous pouvons remercier Alexander, le caviste de Sofia qui a accepté de garder nos 58 bouteilles en territoire bulgare !

En Thrace, les premiers vignobles que nous visitons se distinguent par leur « occidentalisme » : cépages internationaux, vin « à la française », œnologues italiens ou français… A 1 heure à l’ouest d’Istanbul, au bord du Détroit des Dardanelles, les vignobles sont très populaires, et envahis chaque week-end par une foule d’Istanbuliotes venant partager un moment autour d’un verre de vin. Nous découvrons la convivialité et l’accueil de ce peuple chaleureux, qui nous suivra tout au long de notre périple turc.

Nous faisons ensuite escale à Istanbul, ville haute en couleur et tourbillonnante. La pauvre Betty n’est pas à sa place dans les petites ruelles escarpées et bondées de cette ville immense. Les toits des mosquées envahissent le ciel, où flottent fièrement des milliers de drapeaux turcs. Jeune, vivante et bruyante, Istanbul se tait cependant le temps d’une minute le 10 novembre, silence solennel en l’honneur d’Atatürk, père de la nation.

Avis aux gourmets : la Turquie sera votre paradis ! Entre les baklava, simit, köfte, pide, iksal et kebap, la culture gastronomique est un aspect phare de ce pays méditerranéen. Le thé turc, appelé çai (prononcer « tchaï ») est la boisson reine : les habitants en boivent à toute heure de la journée dans des tasses spéciales de forme incurvée. Vous découvrirez aussi le célèbre café turc, et la découverte de votre futur dans votre tasse retournée.

À quelques heures d’Ankara, un bruit inquiétant monte depuis la roue arrière droite. Le garagiste est effaré : le roulement à billes est endommagé et à tout instant la roue aurait pu se désaxer. Betty l’a échappé belle, et nous aussi ! Notre visite d’Ankara, ville des ministères et des ambassades, est dédiée à la réparation de Betty, et comme à chaque fois, nous pouvons compter sur l’enthousiasme et l’acharnement des garagistes.

Dans le village de Kalecik, nous goûtons pour la première fois des cépages turcs : le Kalecik Karasi, ancêtre du pinot noir, le Narince, cépage blanc aux arômes de noix, et le Boğazkere, originaire de la zone frontalière à la Syrie, tannique et concentré.

 

À 300 kilomètres vers le sud, nous découvrons la région magique de la Cappadoce. La roche incroyablement tendre née d’une éruption volcanique il y a 30 millions d'années a permis aux Chrétiens de s’y réfugier au Xème siècle. Pour se protéger, ils creusent de véritables villes à même la roche et l’on peut errer dans les vestiges de leurs maisons, caves ou églises. Tout est désert, et à perte de vue s’étendent des vallées et canyons, donnant une ambiance de Far West avec leurs tons pastel.

Les nuits sont pures mais glaciales, et l’air atteint -5°C à l’intérieur de la Betty : nous nous emmitouflons sous des piles de couvertures et allumons pour la première fois notre petit chauffage à gaz. Au réveil, le ciel rose pâle se remplit de montgolfières, pour le plus grand plaisir de nos yeux ébahis.

Dans cette région d’un autre temps, la viticulture et la vinification semblent plus traditionnelles. Deux vignobles seulement produisent du vin dit « de qualité », commercialisé principalement aux nombreux touristes visitant la région. Mais la tradition viticole, ancestrale, est toujours ancrée dans les mœurs, et nombreux produisent leur propre vin dans leur jardin et cave. Nous ressentons une vraie différence avec la région viticole européenne de la Thrace. Nous dégustons des cépages autochtones : le Boğazkere tannique assemblé à l’Oküsgüzü plus doux pour les rouges, le Narince et l’Emir pour les blancs, tous uniques et de qualité.

Nous faisons route vers Kayseri, ville située à l’est de la Cappadoce, pour rencontrer une vigneronne très particulière en Turquie, étant l’une des seules à produire du vin biologique.

A nouveau, le paysage est désertique et crée une ambiance nostalgique. Les histoires racontées autour d’un verre de vin nous font voyager dans le temps et entrevoir le passé d’une région à l’histoire si riche.

Un seul point noir ternit notre odyssée turque : l’omniprésence et la sévérité de la police, qui se fait un devoir de nous arrêter dès qu’ils nous aperçoivent. La phrase « nous voulons vous aider » semble justifier qu’ils rentrent à chaque fois nos numéros de passeport dans leur logiciel de contrôle. Cette surveillance forte nous cause un léger malaise, à nous pour qui la liberté est si chère !

Une courte escale à Éphèse nous permet de découvrir cette cité impressionnante, chargée d’histoire. Une promenade entre le théâtre antique, les arcades et l’agora alimente une réflexion et un débat sur les civilisations : si notre civilisation était amenée à disparaître et que vous aviez la possibilité de choisir les 1000 contemporains pour en fonder une nouvelle sur une autre planète, qui choisiriez-vous ?

La région d’Urla, proche d’Izmir, est emblématique du vignoble turc. La renommée touristique de cette côte égéenne profite aux vignerons, et l’œnotourisme y est particulièrement développé. Certains domaines présentent une façade très luxueuse : les vignes bordées de palmiers côtoient des bassins d’eau turquoise et des statues de marbre. D’autres domaines, plus simples, sont nés de jolies histoires de reconversion et donnent de très bons vins.

La Betty descend difficilement un petit chemin caillouteux bordé d’arbres méditerranéens, qui nous mène à une presqu’île somptueuse. Le coucher de soleil se reflète sur la mer et nous rappelle les couleurs de l’été, auxquelles on croirait presque… si l’air n’était pas si glacial. Nous rencontrons une famille turque qui se met immédiatement aux fourneaux pour nous préparer un délicieux repas. Malgré la barrière de la langue, les rires sont communicatifs et la soirée est magique : ce sont ces moments rares qui font la beauté du voyage.

Puis nous reprenons la direction de l’ouest, et traversons en sens inverse le pont qui relie l’Asie à l’Europe. Nous repassons par la Thrace, qui confirme une dernière fois les souvenirs que la Turquie nous laissera : l’accueil chaleureux, la nourriture généreuse, les couchers de soleil magiques et l’histoire forte d’un pays que l’on n’oublie pas.

 

Nous nous dirigeons vers la Bulgarie et le grand froid. Le compte à rebours de notre retour a commencé : serons-nous rentrées à temps pour Noël ?

les femmes du vin

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Buket Yildiz

Cette jeune ingénieure, apprend à faire du vin grâce à Bülent Kalpaklıoğlu et est désormais le nez derrière les vins du Château Kalpak. 

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Yonca & Umur Ariner

Le frère et la soeur, après des carrières différentes partout dans le monde, ont repris la ferme familiale pour produire le vin d'Umurbey

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Nazan Nuzun

Pendant sa carrière d'ingénieure aux Etats-Unis, la superactive Nazan rêve du mode de vie de la Napa Valley. En 2004, elle rentre en Turquie et  se lance dans l'Aventure viticole. 

Ardıç Gürsel

Visionnaire, son  esprit entrepreneurial lui permet de promouvoir l'héritage viticole turc en réintroduisant les variétés autochtones au domaine de Vinkara

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Oluş Molus

Cette business woman issue d'une formation de biologiste  est l'une des pionnières du vin biologique en Turquie. 

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Ayse Dnzkaya

La jeune oenologue formée à Montpellier participe à l'élaboration des vins de la prestigieuse Cave Urla dans la région éponyme. 

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Bilge Benisü Öğünlü

Cette architecte quitte la vie qu'elle a construite aux États-Unis pour créer son petit paradis d'Urlice dans la région d'Izmir en mêlant vin biologique et slow food. 

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Meltem Güner

Pour réaliser un rêve familial, elle troque ses talons aiguilles pour une paire de bottes et participe au développement des vins de la Urla Wine Route. 

Sibel Ürentay

La jeune ingénieure découvre le vin lors d'un stage chez Sevilen et gère la désormais la fameuse cave de 10 millions de bouteilles avec toujours autant d'enthousiasme. 

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Zeynep Arca

Elle découvre le vin lors de ses études à Paris et profite du contexte favorable des années 2000 pour se lancer dans la production d'un vin de terroir avec son père. Accompagnée des plus grands spécialistes français, elle cherche à atteindre l'authenticité et l'excellence. 

Nous remercions tout spécialement Mr. Can Topsakal de Barbare pour toutes ses anecdotes rocambolesques et la découverte de la gastronomie turque. Mehmet Kocabağ pour son accueil chaleureux et la visite instructive de la région de Cappadoce. Mais également la cave Turasan et Pamukkale pour les moments partagés dans ces lieux chargés d'histoire. 

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