Vendanges    en    Suisse   Romande ! 

 L’édition 2022 des World Wine Women à enfin commencé !

 

Après plusieurs mois de préparatifs, il nous manque encore un peu de fonds pour financer notre belle aventure. Direction donc la Suisse pour vendanger et en même temps découvrir un vignoble, plutôt confidentiel mais qui, nous sommes sûres, nous réserve de belles surprises. 

Aucune de nous deux ne connaissait la Suisse auparavant. On avait bien sûr tous les clichés en tête : chocolat, fromage, rolex et ferrari  etc… Comme beaucoup de stéréotypes, ils sont plus ou moins vérifiés.

Let’s go !

La découverte du Valais signe la 1ère étape de notre voyage. Nous y sommes depuis une semaine et y restons pour encore deux autres, jusqu’à la fin des vendanges. Nous voulions vous parler de ce lieu où la montagne et les raisins sont … partout.

 

Géographiquement ...

Pour situer, le Valais est un canton de la Suisse, dite « Suisse romande ». C’est le plus au sud du pays, frontalier avec la France. 

Le vignoble du Valais s’étire sur plus de 100km le long du Rhône.

 

Le relief est très escarpé et permet à la vigne de s’épanouir sur des pentes bien exposées.

 

Avec des parcelles à plus de 1100 mètres on le compte même comme un des plus élevés d’Europe !

Haut perchées .. 

Chaque matin nous étions en admiration devant ces montagnes dont celle de l’Ardève, qui fend de son sommet le ciel bleu. Les vignobles en côteaux dessinent une géométrie singulière sur les pentes. Les petites routes serpentent entre ces paysages et montent en lacets vers les villages de montagne.

Auparavant, le Valais était une très grande région viticole et le prix du m² était beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui ! De sorte à ce que le territoire a été très morcelé. Aujourd’hui la viticulture ne rapporte plus autant, beaucoup d’anciens qui possèdent des vignes louent donc leur parcelles ou les vendent. Ce n’est donc pas comme en France où l’on retrouve souvent des grands domaines mais ici un viticulteur à généralement des parcelles situées sur plusieurs communes, à des endroits différents.

Un climat chaud et sec

Le climat valaisien est le plus sec de Suisse. Avec beaucoup d’ensoleillement, les conditions sont favorables à une bonne maturité du raisin. On y retrouve l’effet de foehn, un vent chaud qui se forme typiquement dans les régions de haute montagne et qui agit positivement sur la maturité des baies. 

Nous avons quand même eu le droit à deux nuits bien orageuses. Nous n’avions jamais entendu le tonnerre gronder aussi fort, comme s’il résonnait entre toutes ces montagnes.

Parlons vin !

Les rouges valaisiens peuvent être fins lorsqu’élaborés avec du Pinot Noir, ou plus rustiques et structurés lorsqu’on y retrouve les cépages indigènes comme le Cornalin ou l’Humagne rouge.

Quant au blanc, le cépage emblématique chasselas (fendant dans le patois car « quand il est bien mûr, la peau se fend sous les doigts ») est le plus planté ! Il donne des vins généralement frais et légers, un peu perlants. C'est aussi un raisin de table, qu'on retrouve souvent sur nos étals d'épicerie. Sensible aux sols et plutôt faible aromatiquement, il délivrera une expression typique de son terroir ! L’Arvine est plus aromatique et donne des vins secs ou doux.

Ces cépages autochtones font l’identité et la fierté des vins valaisiens.

Un marché du vin compliqué 

"En Suisse on trouve les mauvais vins les plus chers du monde et les grands vins les moins chers du monde".

 

Un adage qui interpelle.

 

En effet, en Suisse les conditions des vignobles sont particulières. La main d'œuvre est chère, les exploitations sont morcelées et de petite taille ; et les cépages, pour beaucoup autochtones sont la plupart du temps inconnus du consommateur lambda. Tous ces facteurs rendent difficile la production de vins bon marché. 

Pour s'en sortir, certains choississent de privilégier dès lors la qualité à la quantité, et expérimentent. La richesse des cépages locaux devient alors une force pour se démarquer et présenter quelque chose de singulier, d'identitaire.

On retrouve alors des vins suisses excellents à des prix abordables, du fait de sa faible reconnaissance internationale. 

Un bel exemple est la gamme de vins de Alexandre Deletraz, vigneron suisse et propriétaire de la Cave des Amandiers.

Fin connaisseur de son terroir, il met à l’honneur dans sa gamme les cépages locaux et vinifie depuis 2008 son vin.

Nous avons été séduites par son hospitalité et son univers. Retrouvez bientôt son portrait sur notre site.  

Alexandre Deletraz, Cave des Amandiers.